Celle de l'envie qui n'a que le cri pour exister, celle d'un instant différent qui envahit et dont je sais qu'il restera en moi, celle de ce matin clair baigné de cru. Cette étreinte est amnésique, elle ne sait pas d'où elle provient ni qui elle est. Elle porte autant de voiles et reflète plus de nuances colorées qu'elle en est raisonnablement capable. Cette étreinte est schizophrénique, elle m'étrangle angoissée et du même élan elle me serre dans ses bras apaisante, émotion étrange qui ne me délaisse pas, trop aimante. Anaïs avait déjà envisagé dans une chanson que "c'est peut-être une angine"! Mais non, je vais physiquement bien, j'ai peu fumé, je me sens éveillé et le métabolisme est fluide.Une jolie collection de vitamines passe par cette gorge chaque matin! C'est une étreinte profondément émotionnelle, qui me dit "prends garde, rassure-toi, courage, c'est là, vas-y, ne t'inquiète pas, c'est trop tard, attention, souviens-toi, respire, ne recommence pas, plonge, essaie, oublie, Tant pis, tu devrais avoir peur, c'est magique, regarde, fais gaffe, tu es aveugle, accepte!" Des mots, encore et toujours des concepts que la réalité n'accepte qu'au compte-goutte, des pensées et leur ribambelle de possibles armés d'aiguillons qui harcèlent, des abstractions qui squattent mon cerveau à défaut de n'avoir pas les codes pour se matérialiser ou simplement s'agripper assez fermement dans l'hostilité ou la passivité du dehors. Des espoirs et des hantises qui s'estomperont de toute manière, qui épouseront le consensus lorsqu'ils copuleront avec l'air et le temps du réel. Une étreinte dans la gorge, et un compte à rebours, l'ici naît de là-bas.... Finalement, ce serait bien, si c'était une angine! |