
Ma poésie est le fruit sucré, acide ou sanguin de ma décadence. Ma décadence est une danse en dehors des cercles balisés de la nauséabonde bienséance. La risible déchéance de bien-pensants qui me jugent c' est mon choix de ne pas me barder de honte que je n'ai pas, de gêne que je ne ressens pas, de haine que je ne veux pas, de rigidité que je ne comprends pas, de principes auxquels je n'adhère pas... Ma décadence n'est pas régie par la CARPE DIEM fashion, j'ai passé l'âge de ces voeux pieux ... dommage! Ma décadence apparaît lorsque ça grouille trop près de moi et que j'épure comme un rabot hystérique, sans faire attention ni à l'épaisseur restante, ni à la juste inclinaison puisqu'au bout de mes nuits, j'ai seulement sommeil et conscience que la lumière, ce ne sont pas les autres qui l'éteignent, c'est moi seul... ou pas! Ma décadence, ce sont ces gouffres desquels je reviens toujours, sale, sali, mais debout, encore, et presque plus fort! Comme beaucoup, trop de morts ont brisé mes élans, écrasé mes viscères et étranglé mon horizon, je suis encore vivant et je suis décadent. Ma décadence c'est de réaliser qu'à trop subir les infortunes de la vertu, on devient vertueux en tout son contraire! Après, la transgression devient une catin qui coûte cher mais qui fait jouir sans coup férir... Ma poésie puise dans ces élans là qu'on pourrait croire plongeant, chutant mais qui en fait sont les altitudes de mes choix. |