
Je ne parviens pas à saisir et retranscrire ce sentiment qui s'impose lorsque porté par les courants forts des émotions, je trouve en l'altitude de la nature et des éléments une hypothétique manière de ne pas avoir peur, de railler la bête mercuriale qui obscurcit comme elle alourdit mon humeur. Ces derniers jours, le ciel m'a beaucoup accompagné, le ciel de fin de jour, plein et ample, strié de rouges et de gris sauvages. Je le regarde et je ressens la possibilité de me détacher des pesanteurs. Non pas comme une lévitation, ou comme un trip méditatif quelconque, plutôt comme un après prometteur. Ce ciel me donne l'impression que je pourrais être démuni et dénué de tout, il resterait des possibles. C'est absurde et naïf, et c'est en cela que je ne parviens pas à définir la substance de ce sentiment. Il y a des mots qui se chevauchent, promesse, avenir, guérison, possible, vaste, ailleurs et cela ressemble à un voyageur nanti qui peut fuir sans lâcheté ou partir sans regret, à une récolte de rêves inconnus, ce sentiment imite ce que pourrait ressentir un homme arrivant épuisé dans un champs de fruits insoupçonnés, inimaginés et réalisant que c'est la métaphore du monde et du temps qui lui reste à vivre. Lorsque je suis debout, face à ce parc aux allées droites et longues qui plongent vers un étang caché, par tous les temps, il y a toujours une majesté qui me donne ce même sentiment. Et si tout merde, si tout fout le camp, il me restera le choix de prendre à pied ou en pensée la route du regard plongé loin en avant, ce regard qui toujours s'emporte dans les rafales ou les brises, désarrimé des règles. Tout ce qui nous permet de toucher le sol, de s'y pencher pour ramasser l'or, pour trébucher et tomber, pour sentir la lumière passer en nous depuis le ciel et jusqu'à lui, ce sont les autres. EXISTER! Mais ce qui nous offre de nous en détacher quand ces foudres deviennent chiennes, quand le flux qui nous transperce est si lourd qu'il tire nos traits d'âme et de face vers des gouffres sombres, vers l'en-bas, c'est l'inhumain animé des éléments assaillant les sens qui nous ramène auX là-bas...
Ce sentiment ressemble à l'Enfin, sans doute. Ce sentiment me maintient sur le fil entre le sol et le ciel... |