Planté devant mon écran depuis 3 jours, je dérive accroché à la patience. Un terme s'est fiché au sol d'écriture et irrigue mes sous-terres, les caves où fermentent mes mots: "Poitrine ouverte". Vivre poitrine ouverte, c'est un état qui ne demande aucun effort, seulement un choix, qui ne réclame aucune cure non plus. Poitrine ouverte est comme un cri contenu, continu. Une vision éclairée par la clarté d'un besoin. Il y a comme une notion de sacrifice qui s'y accole, mais ce n'est pas un acte glauque et mortifère, ca ressemble plutôt à un présent trempé dans les lacs d'une certitude née et avenir, un présent qui devient meuble, façonnable, atteignable. c'est aussi l'élégance brute de la vulnérabilité... Je ressens intuitivement l'inspiration qui s'y abandonne, je visualise un reclus qui se libère de lui-même, prêt à abandonner les échos de sa seule respiration. L'image d'un corps qui se déplie et s'approprie son espace avec assurance ... Poitrine ouverte résonne et multiplie les ondes qui partent des yeux pour se cogner aux désir ou qui inventent un nouvel alphabet pour la peau et l'esprit. Ce qui les touchent se traduit en décharges qui ont un sens précis dans une langue nouvelle.
Sans aucun doute, ce terme prend toutes les formes en moi, il englobe et repeint l'ensemble des choses qui m'entourent, pose des accents sur les émotions, en fait naître de nouvelles, et la tempête de mots qu'il soulève ressemble à une masse effrénée qui tournoie, s'emballe et hésite à prendre forme définitive, à prendre formeS définitiveS sur le blanc d'une feuille virtuelle qui porte déjà ce nom: Poitrine ouverte. Les atermoiements de ces écrits en devenir m'enthousiasment, j'ai envie de l'instant où ils se laisseront fondre en pulsations que mes doigts reproduiront sur le clavier ou sur le papier... |